Psychthérapie Corporelle Intégrée (P.C.I.)
VIVRE AU PRÉSENT
par Josée Jobin
Qu’existe-t-il de réel à part le présent ? Le passé n’existe plus et le futur n’y est pas encore. Si on arrivait à vivre cette réalité telle qu’elle est, être ici et maintenant, on aurait atteint un stage de sagesse, modèle de réalisation des maîtres spirituels.Le mental est menteur… Le mental est cet empêcheur de s’arrêter vraiment. Le mental est celui qui compare, celui qui juge, celui qui évalue, celui qui interprète plutôt que de voir ce qui est tel qu’il est.
L’interprétation des choses devient alors une source d’anxiété. Si j’envoie au cerveau le message qu’il y a une menace, par mon interprétation d’un événement, mon cerveau se charge de mettre mon système nerveux sympatique en alerte par une décharge d’adrénaline.
Ce ne sont pas les événements qui nous font souffrir mais bien les pensées irrationnelles que l’on entretient face aux événements. «Je n’y arriverai jamais ». « Que vont-ils penser de moi ». « J’ai peur donc il y a un danger». « Je n’ai pas ma place là ». etc. etc.
En m’arrêtant à mon dialogue intérieur (exercice de présence), j’aurai accès à de précieuses informations : Les données de mon mental qui répètent toujours le même programme. Ainsi, choisir de m’entendre, c’est choisir de ne pas être constamment sur un mode automatique, car je peux invalider ces vieilles croyances de base pour fonctionner à partir du présent et de mes capacités réelles.
La P.C.I., basée en partie sur la Gestalt thérapie, nous propose de nous aider à nous ramener ici et maintenant. À l’aide d’outils comme les frontières (voir l’article La frontière du soi) et la respiration, le-la thérapeute s’emploie à nous soutenir dans cette expérience de revenir dans le moment présent afin d’y goûter et de pouvoir la transposer en dehors du bureau de thérapie. En m’arrêtant, je peux m’entendre penser : « j’ai peur d’être jugée ». Si je poursuis mon exploration intérieure je cerne une sensation corporelle reliée à cette pensée, une anxiété se traduisant par des contractions à différents endroits dans le corps (thorax, épaules, abdomen, etc.). Forte de cette présence à mon corps, je peux accueillir ces inconforts, les reconnaître pour m'en occuper. Ces contractions sont davantage reliées au passé (mon histoire relationnelle) qu’au présent.
Ici intervient la respiration : en respirant, en reprenant l’espace dans mon corps j’envoie au cerveau émotionnel le message que tout va bien et que je suis en contrôle de la situation. Je reviens au présent. J'ai retrouvé mon pouvoir d'adulte.
Apprendre à me donner des messages de bon parent sera le prochain outil que la P.C.I. nous proposera. À force de les ressentir, « Je t’aime tel que tu es », « vas-y, je suis fier(e) de toi », «Tu peux te fier à toi-même», etc., je peux invalider les vieilles injonctions que j’ai internalisé à mon sujet et au sujet du monde.
Vivre au présent ici dans la réalité est gage de plus de tranquillité intérieure et donc de moins d’anxiété. Si on ne faisait que réduire nos auto jugements et nos jugements de ce monde, on se rapprocherait de notre paix intérieure et de la paix dans le monde. La première source de conflit dans le couple, avec nos voisins et dans le monde, c’est souvent l’interprétation que l’on fait de l'intention de l'autre.
En résumé : M’arrêter pour m’écouter, cerner mes sensations corporelles, les accueillir, me donner un message de soutien pour invalider celui du passé, respirer afin de reprendre l’espace dans mon corps, passer à l’action, agir dès que je le peux pour améliorer mon bien-être, vérifier plutôt que de présumer de l'intention de l'autre.
