Psychthérapie Corporelle Intégrée (P.C.I.)
LA FRONTIÈRE DU SOI
par Josée Jobin
Assumer ma vie
Un des outils spécifiques à la P.C.I. a pour nom la frontière. Le mot selon chacun peut évoquer une délimitation, un mur ou une protection, voire une sécurité. La première perception que l’on a de la frontière est souvent celle de la frontière défensive: empêcher l'autre d’entrer sur mon territoire. Mais il existe une définition saine de la frontière en P.C.I, la frontière enveloppante : reconnaître mes besoins et mes limites. Cette frontière–là part du Soi contrairement à la frontière défensive qui est une réaction à l’autre. Une action quand je pars de moi ou une réaction quand je me positionne par rapport à l’autre.La frontière saine, lorsque j’arrive à l’intégrer est un gage de santé, de sécurité, et de respect de soi. Mais elle passe obligatoirement par la Présence à soi qui est le dénominateur commun de tous les outils de P.C.I. Si je suis présent-e à moi, je peux écouter et respecter mes limites émotionnelles, physiques, culturelles, mes valeurs, ma culture, mes limites intellectuelles, sociales et spirituelles et dans chacun de ces domaines je suis responsable de me nourrir. Je me retrouve avec plus de pouvoir dans ma vie parce que je ne dépenserai pas d’énergie à être quelqu'un d’autre. Connaître mes limites est une force et c’est une preuve d’estime de soi que de les respecter et de les faire respecter.
Concrètement, dans une séance de psychothérapie de P.C.I. j'aurai tracé un territoire pour définir ma place en relation, à l'aide d'une corde. Cet outil a pour fonction de me garder ici avec moi, à ne pas me perdre dans les besoins de l'autre ou dans son regard. L'outil frontière m’aide également à revenir à moi, ici dans le temps. Rien d’autre à faire que d'être ici avec moi. Je peux ainsi goûter, ressentir les émotions, les sensations dans mon corps et m'occuper de moi, relâcher ma garde. La présence à soi c'est la présence à mon corps. Dans ce corps sont mémorisées toutes les expériences que j'ai vécues; en ressentant mes blessures du passé je peux enfin m’occuper de ma partie blessée, de cet enfant que je suis et que j'ai laissé à lui-même depuis tant de temps.
Lorsque je n'arrive plus à me recentrer, je risque de me laisser squatter par tout venant : par mon enfant blessé coincé dans la peur, ou par les besoins, les projections ou les débordements des autres. Si je laisse le gouvernail de ma présence, le bateau risque de s’échouer sur des rives inconnues. Par contre, je peux choisir d'évoluer sainement en m’écoutant, en me respectant et en respectant l'autre. Ainsi je peux dire Je prends cette décision pour moi par respect pour mes limites et non pas contre toi.
Respecter ma frontière est un gage de santé, de sécurité et de dignité personnelle. Je prends ainsi le pouvoir sur ma vie en restant responsable de mes besoins. J’évite de me positionner en victime en agissant en adulte mature et responsable. Assumer ma frontière c’est, tout compte fait, assumer ma vie.
